En 2026, demander MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur ne se fera plus en quelques clics. Avant même de déposer un dossier, les ménages devront obligatoirement passer par un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov'. La mesure, annoncée par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, entrera en vigueur dès la réouverture du guichet, prévue autour du 20 février avec la promulgation du budget 2026.
Ce nouveau filtre répond à une priorité : sécuriser un dispositif fragilisé par les fraudes. En 2024, la répression des fraudes a relevé des manquements graves chez 34 % des 1 000 professionnels contrôlés dans le secteur de la rénovation énergétique. Faux dossiers, entreprises fictives, démarchages agressifs : ces pratiques ont entamé la confiance des particuliers. En imposant un échange en amont, le gouvernement veut s’assurer que le projet est cohérent, que les travaux envisagés sont pertinents et que les entreprises mobilisées sont conformes. Le rendez-vous pourra se tenir en agence, en visioconférence, voire par téléphone si les pièces ont été transmises.
Les conditions d’éligibilité et les taux de financement restent inchangés. Mais l’idée est claire : mieux encadrer les rénovations d’ampleur, souvent coûteuses et techniquement complexes. Le réseau France Rénov’, fort de plus de 600 espaces sur le territoire, devient ainsi un passage structurant du parcours.
Pilotée par l’Agence nationale de l'habitat (Anah), MaPrimeRénov’ vise en 2026 le financement de 150 000 rénovations par geste et 120 000 rénovations globales, dont 68 000 en copropriété. Mais 83 000 dossiers suspendus fin 2025 pèsent déjà sur ces volumes. Derrière cette nouvelle obligation, l’État cherche à mettre en place plus de contrôle et un accompagnement renforcé pour l’investissement dans la rénovation énergétique.